insécurité alimentaire au Canada

TORONTO — L’accès à une alimentation saine et abordable est un combat permanent pour de nombreuses familles canadiennes et les experts avertissent que la situation risque d’empirer d’ici l’automne en raison de la pandémie de COVID-19.

Selon une enquête réalisée en mai par Statistique Canada, environ un Canadien sur sept (14,6 %) a indiqué qu’il vivait dans un ménage où l’insécurité alimentaire était un problème. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 10,5 % d’il y a deux ans.

La pandémie COVID-19 a posé des défis distincts à de nombreux secteurs de la chaîne d’approvisionnement alimentaire qui ont remodelé leurs opérations avec l’éloignement physique, l’utilisation d’équipements de protection individuelle et la modification des équipements – tous ces éléments contribuant à l’augmentation des coûts.

« Pour amener les aliments sur le marché, les entreprises de toute la chaîne d’approvisionnement devront faire payer plus cher », a déclaré Sylvain Charlebois, du laboratoire d’analyse alimentaire de l’Université Dalhousie, dans une interview à CTVNews.ca. « Dans le passé, il n’y avait généralement pas beaucoup de relation entre la chaîne d’approvisionnement alimentaire et les coûts de détail, mais maintenant les coûts augmentent partout à cause de COVID-19. C’est pourquoi les prix des denrées alimentaires ne peuvent pas baisser ».

En 2017, le ménage canadien moyen dépensait environ 8 527 dollars par an pour l’alimentation. Le taux d’inflation typique se situe généralement entre 1,5 et 2,5 %. M. Charlebois s’attend à ce que ce chiffre se rapproche de 4 % une fois la pandémie terminée.

« Le pire sera à venir cet automne, lorsque certains programmes gouvernementaux comme le CERB [Canada Emergency Response Benefit] arriveront à leur terme. Nous aurons alors une vision économique complète de ce à quoi nous sommes confrontés », dit-il.

M. Charlebois a déclaré que le gouvernement fédéral injectait déjà une grande quantité d’argent dans l’économie par le biais du CERB et que tout nouveau programme d’aide financière serait peu probable. Il a suggéré que davantage de familles envisageront de déménager en dehors des grandes villes pour tenter de réduire leur coût de la vie.

Les personnes susceptibles d’être les plus touchées par la flambée des prix des denrées alimentaires sont les familles canadiennes qui étaient déjà financièrement vulnérables et qui avaient du mal à joindre les deux bouts avant le début de la pandémie. Statistique Canada a constaté que les Canadiens ayant des enfants sont plus susceptibles de se trouver dans un ménage souffrant d’insécurité alimentaire.

Un autre facteur contribuant à l’insécurité alimentaire au Canada est la race. Selon Paul Taylor, directeur exécutif de FoodShare Toronto, les Canadiens noirs et autochtones sont plus susceptibles de rencontrer des obstacles à l’accès à une nourriture abordable.

« Nous savons que les personnes qui souffrent le plus de l’insécurité alimentaire sont les Noirs et les autochtones », a déclaré M. Taylor à CTVNews.ca. « Les recherches montrent que les Canadiens noirs sont 3,5 fois plus susceptibles de souffrir d’insécurité alimentaire ».

Une étude réalisée par FoodShare Toronto et l’équipe de recherche PROOF de l’université de Toronto a révélé que, indépendamment de leur statut de propriétaire et d’immigrant, les Noirs canadiens continuent de souffrir le plus de l’insécurité alimentaire.

« En fin de compte, quand on parle d’insécurité alimentaire, on parle aussi de racisme à l’encontre des Noirs et des indigènes », a ajouté M. Taylor. « En tant que pays, nous devons reconnaître que le racisme et le racisme anti-Noir ont un impact significatif sur les résultats de santé et l’accès à la nourriture ».

D’un point de vue politique, M. Taylor met en avant des mesures qui amélioreront la situation financière des ménages à faible revenu, comme un revenu de base universel et des services complets tels que les soins aux enfants et les soins pharmaceutiques.

« Nous vivons dans l’un des pays les plus riches du monde », dit-il. « Les Canadiens ont besoin d’un revenu de base et de services sociaux complets. En travaillant ensemble, ils pourraient avoir un impact significatif sur l’insécurité alimentaire ».

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